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Festival d’ Avignon, entretien avec Marc Derville pour la pièce “Punk Rock” soutenue par Upper-Link

Festival d' Avignon, entretien avec Marc Derville pour la pièce "Punk Rock" soutenue par Upper-LinkTemps de lecture : 5 min.

Festival d’ Avignon, entretien avec Marc Derville pour la pièce “Punk Rock” soutenue par Upper-Link. Par Benoit Lecomte pour Upper-Link

Le Festival d’Avignon bat son plein et entame sa dernière semaine. Upper-Link soutient le Collectif Summer Lemonade. Entretien avec Marc Derville à l’origine de l’adaptation en France de la pièce “Punk Rock”, de Simon Stephens.

Depuis le 5 juillet le Festival d’Avignon anime les passionnés de théâtre et les curieux. A cette occasion, Marc Derville a formé le collectif Summer Lemonade et a engagé sa troupe pour 21 représentations de la pièce “Punk Rock”. La pièce est visible tous les soirs à 20H au Théâtre La Tache d’Encre. Marc Derville nous a accordé du temps pour revenir sur ce projet passionnant comptant Upper-Link comme mécène.

Comment s’est constitué le collectif Summer Lemonade ? Quelle histoire vous a réunis ?

J’avais ce désir très fort de porter la pièce “Punk Rock” de Simon Stephens sur les planches françaises et plus particulièrement au Festival d’Avignon. En Août l’année dernière, j’ai commencé à travailler sur cette idée. Par conséquent, j’ai monté une troupe autour du projet. J’ai, ainsi réuni des comédiens que je connaissais, mais qui ne se connaissaient pas entre eux. Puis, j’ai organisé des castings pour deux rôles qui restaient à pourvoir. Après quatre mois pour constituer la troupe, comptant sept comédiens, nous avons pu commencer les répétitions. 

Six mois ont été nécessaires pour donner corps à ce projet. J’ai travaillé en amont pour avoir les droits de la pièce, effectuer la traduction, constituer l’équipe de comédiens mais aussi mettre en place la communication. De même, c’est durant ces six mois que la structure juridique a été créée, le budget travaillé et le projet structuré.

J’ai aussi lancé l’appel au crowdfunding. Par cet intermédiaire, j’ai pu échanger avec des entreprises mécènes comme Upper-Link qui nous ont permis de concrétiser ce projet.

J’ai pris le temps nécessaire pour que chaque chose soit faite correctement afin que nous puissions travailler dans les meilleures conditions ensuite. Aujourd’hui nous formons le Collectif Summer Lemonade.

“Punk Rock”, comme tu l’as évoqué, est une pièce anglaise de Simon Stephens, Quel est ton rapport vis-à-vis de cette histoire ?

Pour faire simple, cette pièce me passionne, je la trouve sublime. Simon Stephens est un auteur brillant, mais malheureusement peu connu en France. Du coup j’ai vraiment eu envie d’importer cette pièce.

Ce ne fut pas trop difficile alors de l’adapter en France ?

On ne peut pas parler d’adaptation. C’est une reprise de la pièce originale. Toutefois, nous nous sommes autorisés quelques petites libertés.

En tout cas, c’est moins difficile, moins de travail et moins de risques de reprendre une pièce que d’en créer une. Nous avons contacté l’agent de Simon Stephens pour exposer le projet et, entre autres, négocier pour la vingtaine de représentations au Festival d’Avignon. Une fois l’accord de l’auteur obtenu, nous avons travaillé avec des traductrices pour transposer le texte.

D’ailleurs, l’agent de Simon Stephens est venue nous voir lors d’une représentation et elle a adoré la pièce. Elle a été super heureuse qu’on ait réussi à mener à bien ce projet et elle a tout de suite transmis à l’auteur son enthousiasme.

Nous en avons un peu parlé, tu as dû faire face à pas mal de challenges. Comment t’es-tu organisé pour surmonter ces épreuves ?

Il faut savoir que, du point de vue financier, c’est moi qui produis le spectacle et qui investis directement. Après nous avons lancé une campagne de crowdfunding permettant de couvrir les frais logistiques, et on remercie Upper-Link d’y avoir participé. Je tiens vraiment à préciser que sans ce soutien nous n’aurions pas pu avoir un projet viable. Enfin, ce sont les entrées en billetterie qui nous permettront d’être au moins à l’équilibre. A la moitié du festival nous étions dans les chiffres attendus. Maintenant il nous reste moins d’une semaine de représentations et je reste confiant.

D’un point de vue général, et tout au long du projet, il y a eu des doutes, quelques conflits aussi. Toutefois, nous sommes professionnels et nous avons gardé le cap. C’est une aventure humaine et nous nous sommes investis pour ce projet. Donc il était hors de question d’abandonner.

Pourquoi démarrer la pièce à Avignon ?

C’est vrai que certains envisagent Avignon comme une récompense pour présenter un spectacle qui tourne déjà depuis deux ou trois ans sur les planches. Cependant, certains spectacles sont montés uniquement pour cette occasion.

Je connaissais déjà le Festival pour y avoir jouer l’année dernière. Pour lancer le projet Punk Rock c’était le lieu parfait et financièrement c’était possible. Personnellement, je trouve ce festival exceptionnel. Durant un mois, chaque soir, nous jouons la pièce, nous rencontrons énormément de personnes et l’atmosphère est positive.

Durant le festival d’Avignon, c’est souvent le off qui est le plus regardé, le plus scruté. Pas trop de pression quand même ?

Le « off » du festival représente 1500 spectacles. Quand tu es comme nous, une jeune compagnie, c’est difficile d’être « LA » pièce du off. Mais, ce dont on est vraiment content c’est de voir les personnes, en sortant de la représentation de “Punk Rock”, touchées, bouleversées. Pour nous c’est le signe qu’artistiquement la pièce fonctionne. Nous avons échangé avec des personnes qui sont venues la voir déjà trois fois. Le bouche à oreille bat son plein et nous remplissons bien la salle. Nous savons que des producteurs et des programmateurs sont venus nous voir. Les critiques et les retours sont positifs.

Dans ce contexte, nous vivons plus le moment présent qu’une pression.

Après Avignon, quelle suite allez-vous donner à la pièce mais aussi à la troupe ?

On aimerait bien que la pièce soit rachetée et puisse être jouée dans des théâtres. Nous avons déjà eu des propositions pour Paris, Toulouse et Toulon.

Après c’est aussi une affaire d’envie. Nous étions unis autour du projet pour le festival d’Avignon. La compagnie restera un point d’ancrage et la troupe pour Punk Rock évoluera surement en fonction des projets et envies de chacun.

Toutefois, n’oublions pas que la pièce se passe dans un lycée, abordant des aspects du harcèlement scolaire. Et dans ce cadre, on aimerait bien se rapprocher d’un format adapté à l’univers scolaire. Pour cette année, ça ne sera pas possible mais c’est vraiment quelque chose qu’on a envie de faire pour l’année prochaine.

On a envie que la pièce Punk Rock continue. Et on a aussi envie de travailler sur d’autre projet, d’autre formats. Surement de nouvelles opportunités en intégrant d’autres personnes. Nous avons une forte envie de travailler autour de la musique ou de la danse. En résumé ce n’est pas notre seul et dernier projet.

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Benoit LECOMTE
Responsable Marketing & Communication chez Upper-Link